Publié le

Mais qui est Charlie?

Mais qui est Charlie

Ce n’est pas moi.

Je ne suis pas « Je suis Charlie ». Ni même, « Je ne suis pas Charlie ». Je ne suis pas un slogan publicitaire. Pas plus qu’un rat de laboratoire…

Je ne crois plus au neo-évangelisme sentimentaliste qui voudrait me pousser à réagir dans la seconde à des massacres masqués dont je n’ai qu’un son de cloche uniforme; quelques images, quelques analyses standards, accordées au discours de la « bien pensance » étatique.

Pourquoi? Avant tout parce que le machiavélisme est un fait. La manipulation de masse est utilisée depuis la nuit des temps. Maquiller un système totalitaire au moyen d’une liberté d’expression factice, pacifiste et victimaire est l’instrument de prédilection de toute oligarchie digne de ce nom. Si demain les journaux du Brésil se mettaient à raconter comment un groupe de jeunes aurait mitraillé la police, je me méfierais tout autant. D’une je me méfierais de la véracité des faits. De deux, je ne suivrais à aucun moment les directives imposées à l’opinion publique. Je ne me rangerais ni du côté de la police, ni du côté des trafiquants. Je n’irais pas manifester machinalement la colère et l’indignation de « journalistes » payés et censurés par le Capital.

Revenons en à l’actualité sanglante. Nous parlons ici d’un journal d’État, financé secrètement à ses débuts avec l’argent des contribuables, et qui s’est avéré, tout comme les autres instruments de propagande, détourner le débat publique de la lutte des classes et d’une critique sérieuse de l’oligarchie. Pour se faire, quoi de mieux que de désigner des boucs émissaires prolétaires: ce serait le bas peuple, le triste responsable de sa propre misère. Il a toujours fallu diviser pour régner; ainsi, aujourd’hui sont créés des clichés stéréotypés auxquels il nous faudrait nous identifier. Le jeune con, le gay libéré, le chrétien conservateur, le musulman intégriste, la femme féministe, le consommateur écolo, le juif persécuté etc…

Maintenant imaginez une famille étrangère, venue il y a 60 ans dans votre pays, pour travailler dans un système qui se revendique comme étant démocratique, riche et accueillant. Au prix de durs labeurs, elle gagne à peine de quoi se nourrir, vivre dans une cage à lapin et voir à la télé ses cousins mourir sous les bombes. Il lui faut en plus supporter de voir sa culture d’origine dépeinte comme arriérée et liberticide. Vous appelez cela l’immigration? Moi j’appelle cela l’esclavage.

Un esclavage salarié, au droit de vote désuet et illusoire. Et toutes les familles prolétaires vivant sous le joug de la banque y sont soumises. La réussite ne se résume plus qu’à obtenir une tribune éphémère pour louer la grandeur, la bienveillance et le confort de la société libéral-libertaire. Ça, et le droit de mépriser inconsciemment tous ceux qui produisent ce que l’on consomme.

Comment cette main d’oeuvre bon marché pourrait-elle aimer un jour ce pays? Toutes les portes d’intégration lui ont soigneusement été fermées au nez. Sous couvert d’antiracisme, de slogans amicaux et de publicités bien huilées, on nous fait croire que l’intention et la réalité sont toutes autres. Mais les rares exceptions parmi ces indigènes de la république qui parviennent à vivre dans des cages un peu plus grandes, à faire du tourisme, et à profiter d’une rente, ne font que confirmer l’évidence de cette ségrégation.

Venons en à analyser les conséquences de ces attentats mystères.

La peur et la confusion créées servent aujourd’hui à agiter quelques pantins sur le devant de la scène, assurant que le problème à résoudre est le danger grandissant de la radicalisation critique, sous prétexte qu’elle conduirait inévitablement à un fanatisme religieux. Oubliez la misère, la violence, la guerre, la schizophrénie, les escrocs, et surtout votre propre esclavage! Agissez en mouton, ne vous posez aucune question! L’État assure votre sécurité!

Gouverne ment

En tête du peuple? Non, très loin. Et dans une rue bien gardée…

Politique sophistique par excellence; ultime retranchement de la dictature qui assure avant tout sa propre sécurité. L’effort critique et l’étude du système lève le voile de la matrice idéologique camouflant l’oligarchie mondialiste. Continuer de croire aveuglément à cette farce, c’est permettre au terrorisme d’état de bombarder, affamer et envenimer la terre, les corps et les esprits. C’est assurer la sécurité de gouvernements corrompus, ne représentant qu’eux même et les intérêts de ceux qui les ont fait élire.

Mon insubordination est un blasphème dont je réclame le droit haut et fort. Un blasphème à cette religion du Capital qui tend à s’imposer de part le monde. Selon cette toute puissante inquisition, je suis un hérétique. Je dois être repéré, traité et ré-intégré par tous les moyens au système. ¹

J’en appelle donc à tous ceux qui estiment mes précautions dangereuses à contacter rapidement le docteur Valls et ses petits chirurgiens de la police de la pensée; un patient n’a pas pris sa pilule! Il divague et parle d’ingénierie sociale!

S’il vous plait, faites cela au plus vite car je ne compte pas me ré-intégrer de si tôt. Faites cela, ou réfléchissez deux secondes, au lieu d’une seule. Car si vous n’êtes pas des petits soldats de Big Brother, bien que vous en portez encore fièrement l’étiquette, alors vous êtes, tout comme moi, de potentiels révolutionnaires.

Jérémy M.

¹ Police de la pensée, France 2, Journal de 13h, Lundi 12 Janvier:

_On parle beaucoup depuis quelques jours Nathalie d’unité nationale. Mais attention, toute la France n’était pas dans la rue hier.

_Ben non Élise, il faut pas faire preuve d’angélisme. C’est justement ceux qui ne sont pas Charlie qu’il faut repérer. Dans certains établissements scolaires on refusait la minute de silence. Ceux qui balancent sur les réseaux sociaux et ceux qui ne voit pas en quoi et ben ce combat et le leur. Et bien ce sont eux que nous devons repérer, traiter, intégrer ou ré-intégrer dans la communauté nationale. Et là l’école et les politiques ont une lourde responsabilité.

Publicités

.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s